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A

Adénopathie : la présence des trypanosomes dans le système lymphatique entraîne chez celui-ci, une grande activité cellulaire qui se traduit, en particulier, par une inflammation des ganglions (adénite) qui augmentent de volume. Dans le cas de T. b. gambiense, ce sont les ganglions cervicaux et sus-claviculaires qui sont les plus concernés, alors que dans le cas de T. b. rhodesiense, ce sont les ganglions épitrochléens (du coude). La présence de ces adénites, indolores ou douloureuses, constitue un excellent signe clinique pour la recherche des suspects de THA mais ne peut en aucun cas permettre de poser le diagnostic de la maladie du sommeil si le trypanosome n'a pas été mis en évidence par ponction ganglionnaire et lecture microscopique. En effet, la présence de ganglions cervicaux et sus-claviculaires s'observe assez fréquemment du fait d'autres pathologies comme la gale où des problèmes bucco-dentaires (voir aussi Ganglion).

Age physiologique : stade de l'ovogenèse chez la femelle permettant de déterminer avec une bonne précision l'âge réel de l'insecte.

Allogène : e dit de personnes ou de populations arrivées récemment dans un pays ou une région. Par opposition on parle d'indigène (ou autochtone). Un allogène peut aussi bien être issu d'un autre pays que d'une autre région d'un même pays.

Allula : lobe basal des ailes de glossines.

Aménorrhée : absence de menstruation. L'arrêt des règles dans la THA est due à une atteinte de l'axe diencéphalo-hypophysaire qui se trouve dans le cerveaux. C'est lui qui régule la sécrétion des hormones, et en particulier des œstrogènes, de la testostérone et des hormones luthéiniques dont la présence dans le sang commande le cycle ovarien.

Amyotrophie neurogène Diminution des muscles, en poids ou en volume, d'origine neurologique

Anthropisé : se dit d'un milieu qui a subi l'installation de l'homme et des transformations qu'il a provoqué du fait de ses activités.

Anthropophile : terme utilisé pour désigner des glossines qui vivent dans l'environnement immédiat de l'homme (lisières de villages, campements, points d'eau) mais surtout pour distinguer les espèces qui se nourrissent sur l'homme. A priori l'homme est, pour la tsé-tsé, un hôte moins apprécié que les animaux (comme le porc) mais certaines espèces comme Glossina palpalis peuvent adapter leur régime alimentaire et, faute de mieux, se nourrir sur lui. Il s'agit d'opportunisme alimentaire.

Anthropozoonose : maladie ou infection qui se transmet naturellement de l'être humain aux animaux vertébrés. C'est une hémizoonose. Ce terme est souvent regroupé avec celui décrivant la modalité réciproque de transmission (zooanthroponose) sous le terme de zoonose, qui désigne toute maladie ou infection qui se transmet naturellement des animaux vertébrés à l'homme et vice-versa.

Anticorps : protéines plasmatiques particulières que l'on appelle globulines ou immunoglobulines. Elles se trouvent dans le sérum et sont engendrée par l'organisme à la suite de l'introduction dans celui-ci d'un antigène (corps étranger à l'organisme, tel qu'une bactérie, un parasite, ou une molécule chimique). Elles concourent au mécanisme de l'immunité. Les anticorps sont produits par les cellules du tissu lymphoïde (lymphocytes, plasmocytes, etc.) que l'on retrouve entre autre dans les ganglions. Les trypanosomes sont, pour l'organisme dans lequel ils se trouvent, des antigènes. La partie la plus antigénique du trypanosome est constituée par ses protéines de surface. L'organisme va réagir en produisant des anticorps qui vont concourir à la destruction des trypanosomes.

Apathie : Etat, caractère d'une personne qui ne réagit pas, qui paraît sans volonté, sans énergie. Dans la THA, le malade éprouve de la fatigue au moindre effort, il se traîne et sa figure prend un aspect triste et apathique.

Apoptose : On nomme apoptose (ou mort cellulaire programmée, ou suicide cellulaire) le processus par lequel des cellules déclenchent leur auto-destruction en réponse à un signal. C'est l'une des voies possibles de la mort cellulaire, qui est physiologique, génétiquement programmée, nécessaire à la survie des organismes pluricellulaires. Elle est en équilibre constant avec la prolifération cellulaire. Contrairement à la nécrose, elle ne provoque pas d'inflammation : les membranes plasmiques ne sont pas détruites, du moins dans un premier temps, et la cellule émet des signaux (en particulier, elle expose sur le feuillet externe de sa membrane plasmique de la phosphatidylsérine, un phospholipide normalement constitutif de son feuillet interne) qui permettront sa phagocytose par des globules blancs, notamment des macrophages.
Apyrexie : absence de fièvre.

Aréfléxie : absence de réflexe.

Arista : soie plumeuse sur le bord antérieur du troisième segment antennaire de l'antenne de glossine.

Arthropodes (Arthropoda ou euarthropodes) : forment un embranchement d'animaux invertébrés. Le corps des arthropodes est formé de segments (ou métamères) articulés, recouverts d'une cuticule rigide, qui constitue leur squelette externe, dans la plupart des cas constitué de chitine.

Asymptomatique : qui ne présente aucun symptôme de la maladie, qui n'a aucun signe clinique. Cette situation se retrouve dans la période d'incubation de la maladie du sommeil.

Athétosique (mouvement) : mouvement involontaire, lent et ondulatoire, prédominant aux extrémités. Il s'observe dans les affections touchant le thalamus ou l'hypothalamus. C'est le cas de l'encéphalite.

Attractivité : attirance, pour les glossines, d'un SAT mesurée par le pourcentage des glossines capturée sur lui ou à sa proximité par rapport au nombre de glossines capturées sur un SAT témoin.

Autochtone : originaire, par voie ancestrale, de la région où il vit au moment présent.

 

 
B

Barrière : partie d'un gîte aménagée ou traitée de façon à rendre impossible son franchissement par les glossines ou leur maintien. Une barrière peut être chimique (pulvérisations d'insecticide), mécanique (déboisement) ou constituée d'une série de SAT (systèmes attractifs toxiques comme les pièges ou les écrans). Les barrières naturelles sont les zones désertiques, les vastes étendues d'eau, les montagnes suffisamment élevées.

Barrière méningée : barrière protectrice constituée de 3 membranes (méninges) entourant le cerveau et la moelle épinière. La présence de trypanosomes dans l'organisme entraîne des modifications de la barrière méningée, surtout de type vasculaire avec une pie-mère (membrane la plus interne) inflammatoire et épaissie en certains points.

Biodégradabilité : transformation naturelle des pesticides en produits inertes, sous l'influence des éléments du milieu.

Bois sacré : formation végétale, en zone de savane, est naturelle, résiduelle ou non, généralement dense : dans certaines régions d'Afrique les bois sacrés sont réservés à des cérémonies rituelles. Compte tenu des superstitions dont ils font l'objet, ils sont maintenus en l'état, abritant ainsi des populations de glossines totalement isolées des gîtes de type classique et totalement inféodées à l'homme.

Bradycardie : ralentissement de la fréquence cardiaque à moins de 60 pulsations par minute.

Buffy Coat : fraction d'un échantillon de sang non coagulé après centrifugation qui contient la plupart des globules blancs et des plaquettes.
Après centrifugation du sang, 3 couches apparaissent dans l'éprouvette. Au fond se trouvent les érythrocytes ou globules rouges, en surface, se trouve le plasma. Entre les deux se trouve une couche jaunâtre qui contient les leucocytes ou globules blancs et les plaquettes. C'est la couche Buffy Coat. On ne trouvera donc jamais de précurseurs hématopoïétiques dans une lame histologique Buffy coat. Le buffy coat est utilisé, par exemple, pour extraire l'ADN du sang des mammifères (car les globules rouges des mammifères sont énuclées et ne contiennent pas d'ADN). En général, le buffy coat est jaunâtre mais il peut être vert si l'échantillon contient une grande quantité de granulocytes neutrophiles, qui contiennent beaucoup de myéloperoxidase, une enzyme verte.

Bulbe : partie basale inférieure de la theca, pouvant servir pour la détermination des glossines.

 

 
C

Cachexie : affaiblissement profond de l'organisme (perte de poids, atrophie musculaire, etc.), lié à une dénutrition très importante. La cachexie n'est pas une maladie en elle-même, mais le symptôme d'une autre. Elle peut provenir d'une anorexie (même chez une personne dont la perte de poids n'est pas volontaire), d'un cancer (cachexie cancéreuse, produite par des substances secrétées par la tumeur, les cachexines), de maladies chroniques (BPCO, insuffisance cardiaque, insuffisance hépatique, insuffisance rénale), voire de certaines maladies infectieuses (par exemple la tuberculose et le SIDA, ou certaines maladies auto-immunes).

Campement : le terme de campement peut avoir plusieurs significations selon les pays. En matière d'épidémiologie de la THA le mot campement désigne un habitat permanent ou semi-permanent installé sur le lieu des cultures (par exemple dans une plantation) ou à proximité. Il est constitué de petites maisons rustiques et peut abriter 1 à 5 familles. Au-delà nous parlons de hameau. Ce type d'habitat regroupe plus de 5 familles et bien souvent peut être assimilé à un village mais souvent, installé par des allogènes, il n'est ni cartographié ni recensé.

Carbamates (insecticides)
Ce vaste groupe regroupe les dérivés de l'acide carbamique, comprenant aussi un grand nombre de fongicides et d'herbicides.
Ils agissent comme les organophosphorés ; en inhibant la cholinestérase. Certains ont des actions spécifiques (aphicide, molluscicide). Le propoxur, bendiocarbe et dioxacarbe sont utilisés en lutte paludique pour leur grande rémanence.
Ils agissent le plus souvent par contact bien que certains aient une action systémique (aldicarbe, benfuracarbeé). Leur rémanence est généralement faible.
On distingue :
- les méthyl carbamates à structure cyclique phényl : aminocarbe, BPMC, carbaryl, isocarbe, isoprocarbe (MICP), methiocarbe, metolcarbe (MTMC), mexacarbe, promecarbe, propoxur.- les méthyl et dimethyl carbamates à structure hétérocyclique : bendiocarbe, carbofuran, dimetilan, dioxacarbe, pirimicarbe.- Les méthyl carbamates à chaîne aliphatique : aldicarbe, methomyl, oxamyl, thiodicarbe.Exemples : benfuracarbe, diallate, dimétan, éthiophencarbe, fénoxycarbe, formetanate, formetanate hydrochloride, mercaptodimethur, thiofanoxe.

Cellule de Mott : C'est un plasmocyte (sorte de globule blanc ressemblant au lymphocyte), de 15 à 20 micromètres de diamètre. Il a une forme ovale, son noyau est excentré et son cytoplasme est très basophile. Cellule atypique, que l'on trouve dans la moëlle osseuse et les ganglions lymphatiques des malades atteints de certaines parasitoses comme les Trypanosomiases et les Leishmanioses ainsi que chez des malades atteints de myélome et de macroglobulinémie.
Ce plasmocyte se caractérise par un noyau très dense excentrique, et par un cytoplasme bourré de vacuoles.

Cellules de Purkinje : cellules constitutives de la couche moyenne de l'écorce grise du cervelet. Leurs cylindraxes (ou " axones ") sont la seule voie efférente de l'écorce. Le cervelet contrôle les mouvements automatiques. La destruction ou la raréfaction des cellules de Purkinje à donc des conséquences directes sur ces mouvements.

Cérébelleux : se rapporte au cervelet. Le syndrome cérébelleux est un ensemble de troubles causés par des lésions du cervelet qui contrôle les mouvements automatiques. On observe une incoordination des mouvements, des troubles de la parole, de l'équilibre, un nystagmus, etc.

Cérébéllo-vestibulaire : se rapporte au cervelet et aux noyaux vestibulaires du cervelet. Les noyaux vestibulaires sont situés dans la partie la plus archaïque du cervelet (archéocérébellum). Ils sont en relation directe avec la portion vestibulaire du nerf acoustique et donc avec les canaux semi-circulaires de l'oreille interne qui jouent un grand rôle dans le maintien de l'équilibre. Le syndrome cérebello-vestibulaire (cf " cérébelleux ") est particulièrement marqué par les troubles de l'équilibre.

Chimioprophylaxie : prise médicamenteuse pour prévenir l'apparition ou la propagation de la THA (et de toute autre maladie).

Cerques : ou forcipules supérieurs ; organes plus ou moins chitinisés, plus ou moins acérés, terminés ou non en griffe, portés sur le X ème segment abdominal du mâle de glossine, servant à maintenir la femelle pendant la copulation. Les cerques peuvent être libres (sous-genre Austenina), jointifs (sous-genre Glossina) ou reliés par une membrane (sous-genre Nemorhina).

Chancre d'inoculation : voir trypanome.

Chimiorécepteur (ou chémorécepteur) : cellule nerveuse capable de détecter des substances chimiques et de relayer cette information vers le système nerveux central. Ils peuvent détecter des stimuli externes (odorat, goût et saveur) ou internes (pression partielle de dioxyde de carbone ou de dioxygène, acidité via la mesure du pH...).

Chimiothérapie : usage de certaines substances chimiques pour traiter une maladie. C'est une technique de traitement à part entière au même titre que la chirurgie. La première utilisation connue de la chimiothérapie remonte à l'usage de l'écorce de quina par les Indiens du Pérou, dans le traitement de fièvres telles que la malaria.

Chitine : la chitine (C8H13NO5)n est l’un des principaux composants de l’exosquelette des insectes et autres arthropodes (crustacés, arachnides, etc.).

Choréiforme (mouvement) : maladie nerveuse caractérisée par des mouvements involontaires et irréguliers, tantôt lents, tantôt rapides, accompagnés d'hypotonie musculaire et de troubles de la coordination.

Choriothète : épaississement de la paroi ventrale de l'utérus de la femelle de glossine, servant à déchirer le chorion de l'oeuf.

Corps adipeux : amas de tissus graisseux se présentant sous la forme de chapelets de corps sphériques blanchâtres.

Coxa : premier segment basal de la patte d'insecte.

Crises comitiales : synonyme de crises d'épilepsie. Ce terme vient du nom " comices " qui désignait une assemblée populaire sous la Rome antique parce qu'on interrompait les comices lorsqu'un participant faisait une crise d'épilepsie.

 

 
D

D.A.P. : Densité apparente évaluée par le nombre de glossines capturées par piège et par jour.

DEAE cellulose ou diéthylaminoéthyl cellulose : une résine chargée positivement utilisée en chromatographie échangeuse d'ions (voir Chromatographie en phase liquide) permettant la séparation spécifique de certaines molécules. Les différentes protéines, emprisonnées par la colonne, sont relachées spécifiquement dans certains tubes au fur et à mesure que l'on augmente la concentration saline. Un test d'activité spécifique de la protéine permet de sélectionner les fractions les plus riches en protéines, ce qui permet la purification de celle-ci.

Défenses immunitaires : type de défense de l'organisme faisant intervenir le système immunitaire et plus particulièrement la réaction antigène-anticorps. L'antigène est un corps étranger à l'organisme, tel qu'une bactérie, un parasite ou une molécule chimique. Les anticorps sont des protéines plasmatiques particulières que l'on appelle globulines ou immunoglobulines qui se trouvent dans le sérum (voir taux de séroprévalence) et qui sont engendrées par l'organisme à la suite de l'introduction dans celui-ci d'un antigène. Les anticorps concourent au mécanisme de l'immunité. Les trypanosomes sont, pour l'organisme, des antigènes. Il va donc y avoir production d'anticorps dirigés contre les trypanosomes pour essayer de les détruire. L'organisme peut également répondre à une agression extérieure par la production de cellules spécialisées réagissant spécifiquement avec l'antigène qui a provoqué leur production. C'est en particulier le cas dans la réaction immunitaire de greffe ou la réaction d'hyper sensibilité retardée.

Dégénérescence spongieuse ou vasculaire des cellules étoilées Les cellules étoilées font partie de la couche moléculaire de l'écorce grise du cervelet. L'écorce du cervelet est constituée de 3 couches : la couche moléculaire à l'extérieur, la couche des cellules de Purkinje au milieu et la couche des grains en dessous.

Densité de population : La densité de population est une mesure du nombre d'individus d'une population occupant une portion donnée d'un milieu; bien qu'elle puisse être utilisée pour n'importe quel objet tangible, elle est le plus souvent appliquée à des organismes vivants. La densité de population est le plus souvent exprimée en termes d'individus par unité de surface.
En matière d'entomologie on parle de densité de populations pour quantifier le nombre d'insectes (par exemple de glossines) pouvant être capturés à un moment donné dans un lieu donné et pendant un certain temps. Ce n'est pas un chiffre réel mais une évaluation car il est impossible de dire combien exactement il y a de tsé-tsé par kilomètre carré. Le terme exact est donc "densité apparente". Aujourd'hui avec les pièges on peut évaluer la densité apparent par piège et par jour (DAP) qui est égale au nombre de glossines capturées divisé par le nombre de pièges utilisés lui même multiplié par le nombre de jours de capture. Exemple : en utilisant 100 pièges, 4 jours de suite, on a capturé 1200 Glossina palpalis palpalis. La DAP sera égale à : 1200/100x4 = 3 glossines par piège et par jour. Cette donnée est utilisée dans les études entomologiques pour suivre l'évolution quantitative des populations dans les différents gîtes : soit pour suivre les variations saisonnières ou comparer des gîtes entre eux ; soir pour évaluer l'impact d'une campagne de lutte antivectorielle.

Dépistage : en médecine, consiste en la recherche d'une maladie ou d'un facteur de risque chez une personne qui ne se plaint pas de symptômes particuliers. Hors dépistage,le médecin intervient en réponse à un problème de santé perçu par le patient ou par son entourage. Par contre, lors d'un dépistage, le professionnel de santé prend l'initiative d'investiguer une maladie sans qu'elle se soit déjà manifestée. Ces investigations sont suivies ou non d'examens complémentaires et/ou de traitements.

Diagnostic : En médecine, le diagnostic est la démarche par laquelle le médecin, généraliste ou spécialiste, la sage-femme ou le chirurgien dentiste, va déterminer l'affection dont souffre le patient, et qui va permettre de proposer un traitement. Il repose sur la recherche des causes (étiologie) et des effets (symptômes) de l'affection ; on parle aussi de " tableau clinique ".

Diencéphalo-hypophysaire (axe) Le diencéphale situé entre les hémisphères cérébraux, autour du 3ème ventricule, comprend le thalamus, l'épithalamus et l'hypothalamus. Ce dernier représente le centre principal de la vie végétative et est relié à l'hypohyse, glande endocrine logée sous la face inférieure du cerveau, par la tige pituitaire (cordon de substance nerveuse). Les différents constituants du diéncéphale et de l'hypophyse interagissent entre eux. C'est ce qu'on appelle l'axe diencéphalo-hypophysaire. L'ensemble agit sur toutes les fonctions de la vie végétative, c'est à dire les fonctions vitales de base mais aussi sur la vie génitale et en particulier la reproduction.

Discriminatif : se dit d'un traitement par insecticide ou par débroussaillement ne concernant qu'une partie de la communauté végétale constituant le gîte de la glossine.

Dysarthrie : difficulté d'élocution due à des troubles moteurs de la phonation (langue, lèvres…) lors d'atteintes bulbaires ou cérébelleuses.

Dysglobulinémie : groupe de maladies caractérisées par la présence dans le sérum d'une immunoglobuline produite par un clone unique de cellules lymphoïdes.

 

 
E

Ecidioclimat : caractéristiques climatiques de secteurs particuliers d'un gîte, utilisés par l'insecte pour échapper à des conditions écoclimatiques trop rigoureuses (lieux de repos, lieux de larviposition, terrain de chasse, etc.).

Ecoclimat : caractéristiques climatiques de l'ensemble d'un gîte.

Efficacité : pourcentage de glossines effectivement capturées par un SAT ou posées dessus par rapport au nombre de glossines attirées.

Efficiente : se dit de quelque chose ou de quelqu'un dont l'action aboutit à de bons résultats (efficace). Ainsi, pour qu'une équipe mobile aboutisse à de bons résultats (soit efficiente), il ne faut pas qu'elle disperse ses efforts en intervenant n'importe où, ou n'importe comment. On comprend alors l'intérêt des Soins de Santé Primaire qui vont entre autres permettre à l'équipe mobile de focaliser son intervention.

Eflornithine (difluorométhylornithine ou DFMO) : le traitement le plus moderne, a été mis au point dans les années 70 par Albert Sjoerdsmanot et a fait l'objet d'essais cliniques dans les années 80. La molécule a été autorisée par les États-Unis Food and Drug Administration en 1990, mais Aventis, le laboratoire pharmaceutique responsable de sa fabrication, a cessé la production en 1999. En 2001, cependant, Aventis, en association avec Médecins Sans Frontières et l'organisation mondiale de la santé, a signé un accord à long terme pour fabriquer et distribuer le médicament. Son efficacité est démontrée, avec une tolérance meilleure que le mélarsoprol mais il existe des rechutes sous ce traitement dans un peu moins de 10% de cas, le plus souvent mortelles.Des traitements combinés pourraient réduire ce risque de rechute : l'association eflornithine et nifurtimox semble, en particulier, prometteuse.

Eluat : produit de la remise en solution d'un liquide imprégnant une surface solide. Dans le cas présent il s'agit du sang séché fixé sur du papier Whatman (languette) qui est remis en solution dans du tampon PBS (voir ce mot).

Encéphalite : l'invasion par les trypanosomes des vaisseaux de l'encéphale (ensemble des centres nerveux constitué du cerveau, du cervelet et du tronc cérébral contenus dans la boîte crânienne) va entraîner une infiltration de leurs parois. Le sang va circuler difficilement et les centres nerveux seront mal nourris. Il va s'ensuivre une inflammation de l'encéphale qui peut être due à la production de toxines par les trypanosomes, ou aux trypanosomes eux-mêmes. Les encéphalites laissent souvent des séquelles mentales.

Encéphalite mésenchymateuse périvasculaire et démyélinisante : forme particulière d'encéphalite avec atteinte des tissus entourant les vaisseaux et perte, par endroits, de la gaine des nerfs (myéline).

Encéphalopathie arsenicale : le Mélarsoprol contient des dérivés de l'arsenic qui sont toxiques pour l'encéphale et qui peuvent entraîner des troubles graves, voire mortels.

Endémique : une maladie est dite endémique si elle est propre à une région particulière et y demeure de façon presque permanente. C'est le cas de la maladie du sommeil en Afrique intertropicale. On peut classer les zones endémiques faible, moyenne ou à forte endémicité. On dira alors que la région est hypoendémique, mésoendémique ou hyper endémique.

Epandrium : vestige du Xème segment abdominal, portant les cerques, replié deux fois à l'extrémité de l'abdomen ; sa présence permet de reconnaître rapidement le mâle de glossine.

Epidémie : désigne l'augmentation rapide de l'incidence d'une pathologie en un lieu donné sur un moment donné, sans forcément comporter une notion de contagiosité. En pratique, ce terme est très souvent utilisé à propos d'une maladie infectieuse contagieuse.

Epimastigote : après un long périple chez l’insecte, le trypanosome se retrouve dans les glandes salivaires où il prend la forme épimastigote, légèrement plus courte que la précédente avec un noyau central et un kinétoplaste pré-nucléaire. La membrane ondulante est plus réduite, le flagelle reste libre. Après plusieurs transformations, le trypanosome prend la forme métacyclique infectante, avec régression mitochondriale, ce qui permet l’adaptation à la vie chez l’hôte vertébré.

Erythèmes maculeux surélevés : une macule est une tache cutanée plane. L'érythème est une rougeur congestive de la peau disparaissant à la pression. L'érythème maculeux surélevé est donc une tache rouge et surélevée.

Exhaustif A propos d'une prospection, le terme exhaustif sous-entend "qui touche l'ensemble de la population" ou du moins sa grande majorité.

Exoérythrocytaire : terme qui veut dire "en dehors des érythrocytes" (globules rouges), est appliqué aux trypanosomes car ceux-ci, contrairement au plasmodium (agent du paludisme) ne pénètrent pas les globules rouges.

Extrapyramidal : le système pyramidal est l'axe nerveux allant du cortex cérébral à la moelle épinière. Le système extrapyramidal est l'ensemble des structures nerveuses qui assurent le contrôle de la motricité autre que pyramidal. Le syndrome extrapyramidal est l'ensemble des manifestations dues à une lésion du système extrapyramidal (tremblement, hypertonie, etc).

 

 
F

Faciès : aspect général d'une communauté végétale distinguée par sa nature (plantation, forêt, etc.), par son utilisation ou son exploitation par l'homme, etc.

Facteurs abiotiques : ensemble des caractéristiques climatiques (température, humidité, déficit de saturation, pluviosité, lumière, vent) et édaphiques (nature, texture du sol) d'une région ou d'un habitat.

Facteurs biotiques : ensemble des facteurs directement liés aux organismes vivant dans un milieu donné : nature et disponibilité des hôtes, qualité de l'eau, environnement végétal, etc.

Faune non cible : la faune non cible est composée, dans une région donnée, de tous les animaux vivants qui ne font pas l'objet d'une campagne de lutte, qui n'en sont pas la cible. Ces animaux peuvent être aussi bien les mammifères (toujours atteints par la déforestation) que les reptiles ou les oiseaux (touchés par les insecticides) ou encore les poissons. Mais dans la faune non cible on inclue aussi tous les arthropodes c'est à dire les insectes et les crustacés, terrestres ou aquatiques. Ces derniers sont particulièrement sensibles aux pulvérisations d'insecticides sur la végétation ou aux écoulement de pesticides dans les cours d'eau. En pratiquant des pulvérisations, aériennes ou terrestres, sur la végétation, on peut détruire tous les insectes pollinisateurs comme les abeilles. Les ruisseaux et rivières peuvent être contaminés par ces techniques ou bien par écoulement des eaux de pluie qui lessivent la végétation et entraînent les produits. Dans ce cas là on peut empoisonner directement certains organismes vivants (poissons, crevettes, etc.) ou rompre la chaîne alimentaire et détruire indirectement un certain nombre d'espèces. La lutte contre les insectes d'intérêt agricole est particulièrement polluante dans ce sens. Les organisations internationales sont particulièrement pointilleuses sur la préservation de la faune non cible : ceci a entraîné l'amélioration des techniques de lutte dites chimiques, basées sur les pulvérisations d'insecticide, et a favorisé le renouveau du piégeage - un piège est en général spécifique d'une espèce et n'entraîne aucun désordre dans l'environnement.

Fémur : troisième segment de la patte d'insecte.

Forcipules inférieurs : organes chitinisés, situés à la base de l'édéage du mâle de glossine, dont l'importance est grande en systématique principalement pour distinguer entre elles les sous-espèces.

Forcipules supérieurs : voir cerques.

Forêt riveraine : communauté végétale, plus ou moins large, de type boisé bordant les rives des rivières et ruisseaux ; elle peut être de type fermé (canopée jointive au-dessus du cours d'eau) ou ouverte (canopée disjointe).

Frange antennaire : pilosité du troisième segment antennaire de la glossine ; sa longueur permet de distinguer certaines espèces.

 

 
G

Galerie forestière : voir forêt riveraine.

Ganglions lymphatiques: ou nœuds lymphatiques sont le lieu de prolifération et de différenciation des cellules immunitaires. Les ganglions lymphatiques sont situés le long du système circulatoire lymphatique. Ils ont une forme réniforme et leur taille varie en fonction de leur localisation.
Ils servent en quelque sorte de filtres aux infections car ils possèdent des cellules lymphoïdes, qui participent à la réaction immunitaire, et des cellules dites réticulo-histiocytaires qui jouent un rôle majeur dans la phagocytose (c'est l'absorption, puis la digestion par certaines cellules de l'organisme, d'éléments à détruire) des particules antigéniques. L'augmentation d'activité de ces cellules, liée, en particulier, à la présence de trypanosomes, va entraîner une augmentation de volume des ganglions (voire adénopathie).

Genitalia : ensemble des organes génitaux externes de l'insecte.

Germarium : ensemble de cellules germinatives donnant naissance aux cellules de l'ovariole.

Giemsa La solution mère de Giemsa est très sensible à la lumière. Elle doit être contenue dans une bouteille de verre brun hermétiquement fermée. Il faut éviter de l'agiter en la maintenant dans un endroit où l'on ne risque pas de trop la déplacer (armoire fermée). On prélève, avec une pipette, la quantité nécessaire à la dilution souhaitée (5 à 10%) que l'on versera dans une burette graduée. Il ne faut pas reverser la solution mère en trop dans son flacon d'origine. On complète la dilution en versant dans la burette graduée le volume nécessaire d'eau. Celle-ci doit être limpide, avec un pH compris entre 7,0 et 7,2. Si ce n'est pas le cas, il faudra la neutraliser.

Glandes utérines : ensemble de tubes blancs ramifiés s'abouchant par un canal sur la face antéro-dorsale de l'utérus de la femelle de glossine ; elles sécrètent un liquide nourricier utilisé par la larve durant la gestation.

Glossine riveraine : glossine, généralement du groupe palpalis, qui vit à proximité des cours d'eau à l'intérieur des galeries forestières ou forêts galeries) dans les zones de savane. Certaines espèces peuvent se trouver aussi en zone de forêt, largement disséminées dans tous les biotopes suffisamment humides.

 

 
H

Habitat : espace relativement bien délimité offrant des ressources suffisantes d'énergie et de matière pour satisfaire aux exigences minimales nécessaires à la vie d'une espèce.

Haltères : reliques de la seconde paire d'aile chez les Diptères, servant de gyroscopes pendant le vol.

Haustellum : voir proboscis.

Hectors : plaques chitinisées brunâtres et velues à la face inférieure de l'abdomen des glossines en avant de l'épandrium ; ils servent au maintien de la femelle pendant l'accouplement.

Hématophage : se dit d'un insecte se nourrissant exclusivement de sang (mammifères, oiseaux ou reptiles) ; Les glossines sont des insectes strictement hématophage et contrairement aux Tabanidae et aux Culicidae, les deux sexes sont hématophages.

Hémocèle : liquide physiologique baignant les organes internes des insectes.

Hépatosplénomégalie : association d'une augmentation de volume du foie (hépatomégalie) et de la rate (splénomégalie). Le diagnostic se fait à la palpation de l'abdomen lors d'un examen clinique, ou en réalisant des examens complémentaires comme l'échographie abdominale, le scanner ou l'IRM.
Une hépatosplénomégalie est le signe d'une pathologie sous jacente.

Histioplasmocytaires (infiltrats) : l'histiocyte est une cellule du tissu réticulo-endothélial (voir système réticulo-endothélial) issue du monocyte à très grand pouvoir phagocytaire et capable d'évoluer en d'autres formes cellulaires. Le plasmocyte est une cellule ressemblant au lymphocyte que l'on trouve surtout dans les inflammations chroniques. La présence de ces deux types de cellules traduit ici une réaction inflammatoire d'origine allergique.

Hôte : en biologie, un hôte est un organisme qui héberge un parasite, un partenaire mutuel ou un partenaire commensal, lui fournissant, en général, le gîte et le couvert.
Exemples : une cellule peut être l'hôte d'un virus, une légumineuse peut être l'hôte d'une bactérie nitrifiante utile, un animal peut être l'hôte d'un ver parasite, comme un nématode.
Dans le cas du parasitisme, l'organisme hébergé peut provoquer des effets néfastes pour l'hôte. L'hôte doit s'adapter pour ne pas rencontrer le parasite (par exemple en modifiant son comportement). Si la rencontre a eu lieu, l'hôte doit s'adapter pour se débarrasser du parasite (immunité).
Un hôte primaire ou hôte définitif est un hôte chez lequel le parasite atteint sa maturité; un hôte secondaire ou hôte intermédiaire est un hôte qui héberge le parasite seulement pour une courte période de transition. Dans les cas des trypanosomes, causes de la maladie du sommeil, les humains sont les hôtes primaires, tandis que la mouche tsé-tsé est l'hôte secondaire.

Hyperesthésie : augmentation de la sensibilité superficielle (le moindre effleurement d'un objet se ressent fortement) ou profonde (la pression sur un objet, comme le fait de tenir un objet, entraîne une vive douleur). L'hypoesthésie est une diminution de la sensibilité

Hyperplasie : prolifération anormale de cellules. L'hyperplasie folliculaire concerne les cellules des follicules ganglionnaires qui sont des amas de lymphocytes et de lymphoblastes situés dans la région corticale des ganglions lymphatiques.

Hypopharynx : stylet très fin, inséré dans le canal alimentaire de la glossine, réuni au canal salivaire impair et servant à l'injection de la salive pendant la piqûre.

 

 
I

Incidence : en épidémiologie, l'incidence décrit, avec la prévalence, l'importance d'une maladie dans une population et signifie chaque nouveau cas d'une maladie par an dans une population définie. En général en réfère ce taux sur 100.000 personnes par ans. En pratique, on définie incidence - numéro de nouveau cas d'une maladie /100.000 personnes par an.

Incubation : période de développement embryonnaire ou de multiplication d'entité biologique vivante telles que les virus, bactéries, œufs. Le terme couvaison sous-entend une transmission de chaleur ou d'énergie de l'incubateur vers l'entité incubée. Il existe des appareils d'incubation artificielle pour amener à terme les embryons sans l'aide de leurs géniteurs.

Infectante : se dit d'une glossine porteuse de trypanosomes qui peut être à l'origine d'une contamination. Par extension on parle de piqûre infectante si celle-ci introduit des trypanosomes dans l'organisme de la personne piquée.

Infection intercurrente : infection qui survient au cours d'une maladie sans qu'il y ait de relations directes entre les deux. On peut, par exemple, faire un paludisme alors qu'on a une trypanosomiase : le paludisme n'est pas directement lié à la trypanosomiase.Il faut distinguer " infection intercurrente " de "complication". La complication d'une maladie lui est directement liée. Si l'on a un paludisme et que l'on fait un coma neuropalustre, c'est une complication.

Isoenzyme (ou isozyme) : enzyme présentant une séquence d'acides aminés différente d'une enzyme de référence mais catalysant la même réaction chimique. En médecine clinique, " isozyme " a un sens plus restreint en se limitant à l'ensemble des formes physiquement distinctes et séparables d'une enzyme au sein d'un être humain.

 

 
J

Jabot : sac extensible contenu dans l'abdomen de la glossine, utilisé pour le stockage provisoire du sang pendant la piqûre d'un hôte ; la durée de ce stockage détermine la possibilité pour un trypanosome sanguin de survivre ultérieurement dans l'intestin.

 

 
K

Kinétoplaste : Le kinétoplaste est une masse, colorée en rouge par le giemsa, situé à l'extrémité postérieure du trypanosome et d'o% part le flagelle. Il joue un rôle dans la production d'énergie du trypanosome.

 

 
L

Labelles : dents chitinisées, à l'extrémité du proboscis de la glossine, qui, par un mouvement de va et vient, dilacèrent les tissus de l'hôte et provoquent un micro-hématome à partir duquel le sang est pompé.

Labium : partie inférieure du proboscis de glossine, formant avec le labre, une gouttière servant à aspirer le sang (canal alimentaire) et contenant l'hypopharynx.

Labre : partie supérieure du proboscis de la glossine, fermant le canal alimentaire.

Leucocytorrhée : dans la THA il s'agit d'une présence anormale de leucocytes dans les selles.

Leucoplasmocytaire périvasculaire (infiltration) : présence de leucocytes et de plasmocytes autour des vaisseaux (voir Histioplasmocytaires).

Liquide céphalo-rachidien (LCR) : Liquide clair qui baigne l'ensemble du système nerveux central. On peut le prélever en faisant une ponction, au bas du dos, dans la colonne vertébrale. C'est ce que l'on appelle la ponction lombaire. Dans la 2ème phase de la maladie, les trypanosomes se trouvent, entre autre, dans le liquide céphalo-rachidien. On pourra les mettre en évidence par la ponction lombaire suivi d'une lecture de ce liquide au microscope.

Lobes polypneustiques : hémisphères chitinisés, noirs, très durs, à l'extrémité postérieure du puparium de la glossine, dans lesquels débouchent les deux troncs trachéens de la nymphe (servant à la respiration).

Lymphatico-sanguine : nom donné à la première phase de la maladie du sommeil car le trypanosome se retrouve dans le sang et le système lymphatique.

Lymphatique : le système lymphatique est un appareil circulatoire, au même titre que les vaisseaux sanguins, dans lequel coule la lymphe qui est un liquide riche en protéines et en lymphocytes. Ces derniers sont des cellules produites, en particulier, par les ganglions lymphatiques, et qui participent aux défenses immunitaires de l'organisme.

 

 
M

Malléolaire (œdème) : les malléoles sont les 2 bosses que l'on trouve à la cheville. L'externe correspond à l'extrémité inférieure du péroné et l'interne à l'extrémité inférieure du tibia. L'œdème malléolaire est donc l'œdème de la cheville.

Mécanorécepteur : terme générique pour désigner des neurones sensoriels sensibles aux déformations mécaniques. Les mécanorécepteurs sont à la base du sens du toucher.

Membrane péritrophique : tube chitinisé extensible, semi-perméable, contenu à l'intérieur de l'intestin, sécrété en permanence par le proventricule, servant à contenir le sang durant sa digestion.

Méso-diencéphalique (région) : partie médiane du diencéphale (voir diencéphalo-hypophysaire).

Mélarsoprol : médicament utilisé dans le traitement de la trypanosomiase africaine humaine. Ce traitement a été découvert en 1949 par Friedheim. Malgré sa dangerosité, son utilisation était moins risquée pour le patient que les autres traitements disponibles à l'époque.
L'injection se fait lentement à cause de la causticité du produit (due notamment au propylène glycol utilisé comme solvant d'injection) qui peut attaquer les tissus aux alentours du site d'injection. L'administration se fait à raison de trois séries qui durent chacune 3 jours consécutifs. La dose journalière est de 3.6mg/kg. Une période d'attente de 8 à 10 jours est maintenue entre chaque série.

Métacyclique : la forme métacyclique de trypanosome correspond au deuxième stade de sa transformation chez la glossine. Le trypanosome ayant rejoint les glandes salivaires de la glossine, se raccourcit et son kinétoplaste migre à l'arrière du noyau (forme épimastigote). A l'étape suivante, le kinétoplaste se replace en avant du noyau et le trypanosome reconstitue son manteau antigénique de surface. Il est alors à nouveau capable d'infecter un hôte mammifère (forme métacyclique infestante) chez lequel il recouvrira sa forme trypomastigote.

Microsatellite ou séquence microsatellite : séquence d'ADN formée par une répétition continue de motifs composés de 2 à 10 nucléotides. Cette séquence est également appelée simple sequence repeats (SSR), short tandem repeats (STR), ou variable number tandem repeats (VNTR). De tels motifs sont très abondants chez les eucaryotes, c'est à dire qu'un microsatellite donné peut être présent à des milliers d'exemplaires dans le génome d'une espèce. Chez les végétaux supérieurs, par exemple, on estime qu'il y aurait en moyenne un microsatellite di- ou tri-nucléotidoiques tous les 50 kilobases1. Ces séquences microsatellites sont présentes sur l'ensemble du génome, le plus fréquemment au niveau des introns des gènes mais également au niveau d'exons. Le polymorphisme des microsatellites peut être utilisé comme marqueur génétique afin d'identifier un individu en médecine légale, réaliser un typage moléculaire de certains cancers o% les erreurs de réplication peuvent être plus nombreuses que dans des cellules normales, réaliser des recherches de paternité ou identifier des cellules d'un donneur lors du suivi d'une greffe de moelle allogénique, en utilisant la technique dite de chimérisme.

Morbidité : ce terme caractérise ce qui est pathologique, malade. Réduire la morbidité liée à une affection (comme la maladie du sommeil) revient à diminuer le rapport entre le nombre des malades et celui de la population dans laquelle vivent ces malades. Moins il y aura de malades dans une population donnée, plus la morbidité sera faible.

Mouvements athétosiques : Se dit lorsqu'une personne est atteinte d'un syndrome neurologique caractérisé par des mouvements involontaires, lents et ondulatoires, particulièrement aux mains.

Mouvements choréiformes : Syndrome neurologique caractérisé par des mouvements brusques, saccadés, involontaires que l'on rencontre dans la THA.

Mycétome : ensemble de cellules géantes de la partie médiane de l'intestin moyen de la glossine, contenant des symbiontes dont le rôle serait de sécréter des vitamines.

Myoclonique (mouvements) : contractions musculaires brèves et rapides se reproduisant à des intervalles variables.

 

 
N

Nébulisation : ou encore brumisation. C'est un mode d'épandage d'insecticide, non rémanent, au sol, réalisé avec des appareils type Swingfog ou TIFA (Todd Insecticide Fog Applicateur) produisant un brouillard à partir du produit en solution huileuse et d'un courant d'air chaud. Ce mode de traitement malgré quelques succès ne s'est pas généralisé du fait des complications dues aux conditions atmosphériques et aux risques d'inhalation d'un brouillard hautement toxique.

Névroglie fibreuse (éléments de) : fibrose du tissu de soutien du système nerveux qui est formé par des cellules " névrogliques " ou " gliales ".

Nullipare : se dit d'une femelle de glossine n'ayant pas encore porté de larve.

Nycthéméral (rythme) Succession du jour et de la nuit (ou de la nuit et du jour) sur une durée de 24h. Dans la THA il peut y avoir une inversion du rythme nycthéméral (ou nyctéméral), ce qui, schématiquement, revient à dire que le malade dort le jour et reste réveillé la nuit.

Nymphe : en biologie, la nymphe représente le stade du développement intermédiaire entre la larve et l'imago lors des mues de métamorphose des insectes holométaboles. Le stade nymphal commence donc par la mue d'une larve en nymphe (mue nymphale ou nymphose) et se termine par la mue de la nymphe en imago (mue imaginale ou mue adulte). Une des caractéristiques de la nymphe est qu'elle ne se nourrit pas (ses pièces buccales et son tube digestif subissent aussi une métamorphose importante) et qu'elle vit sur ses réserves.

Nymphose Chez certains insectes, comme la glossine (ou le papillon), c'est la période entre le stade larvaire et le stade adulte où s'accomplissent des transformations radicales. On parle aussi de métamorphose. Chez la glossine, la larve, une fois déposée au sol par la femelle, se transforme en pupe. Son enveloppe extérieure durcit et noircit formant un cocon assez résistant à l'intérieur duquel la larve va peu à peu se transformer en mouche adulte. Cette période de nymphose dure de 25 à 60 jours selon la température.

 

 
O

Ocelles : oeil simple rudimentaire chez les insectes.

Oedème: correspond au gonflement d'un organe ou d'un tissu dû à une accumulation ou un excès intra-tissulaire de liquides dans le milieu interstitiel.

Opportunisme : en l'écologie, on qualifie d'opportuniste une espèce capable d'occuper une gamme variée d'habitats selon les circonstances, ou d'adapter son alimentation aux ressources immédiatement disponibles. Glossina palpalis est l'une des espèces les plus opportunistes sur le plan alimentaire, choisissant ses hôtes en fonction de leur disponibilité ; ceci lui permet de survivre dans la plupart des biotopes.

Organochlorés (insecticide) : très utilisés de 1940 à 1970, ils sont en très nette régression.
Ce terme n'inclut pas systématiquement tout insecticide comportant dans sa formule un atome de chlore.
Ce sont des insecticides de contact : aucun n'a besoin d'être véhiculé par la sève dans les végétaux pour agir sur les insectes qui les mangent.
Les organochlorés sont des toxiques neurotropes qui altèrent le fonctionnement des canaux sodium indispensables à la transmission de l'influx nerveux. Leur spectre d'action est large.
Le DDT, par exemple, agit sur l'insecte par contact et ingestion, induisant un tremblement généralisé (incoordination motrice) puis une paralysie qui met parfois 24 h pour s'installer.
La toxicité aiguë des organochlorés envers l'homme est relativement faible, dans les conditions normales d'utilisation, mais ce sont des substances très stables et bioaccumulables, donnant des produits de dégradation et de biotransformation (métabolites) encore plus stables, peu solubles dans l'eau, à faible tension de vapeur, d'oł des problèmes d'accumulation dans les organismes et les écosystèmes via les chaînes alimentaires. Certains peuvent persister très longtemps dans les sols, les tissus végétaux et les graisses, ce pourquoi ils ont été interdits dans bon nombre de pays.
Outre leur rémanence excessive, leur usage a été freiné par des phénomènes de résistance apparus en particulier chez les Diptères (cas de l'aldrine), dont chez certains moustiques.
Exemples :
- groupe du DDT : DDD, DDT, perthane, métoxychlore, dicofol- groupe du HCH : lindane- groupe du chlordane : chlordane, heptachlore, aldrine, dieldrine, endrine, chlordécone

Organophosphorés (insecticide)La première commercialisation (parathion) date de 1944. Ils sont actuellement les insecticides les plus variés du marché. Ces produits n'ont guère de points communs entre eux, si ce n'est leur origine, une certaine liposolubilité et leur mode d'action sur le système nerveux. Ce sont des inhibiteurs de la cholinestérase, qui est bloquée sous une forme inactive : l'acétylcholine s'accumule au niveau de la synapse, empêchant la transmission de l'influx nerveux et entraînant la mort de l'insecte. Ce mode d'action explique leur haute toxicité vis-à-vis de l'homme et des animaux à sang chaud.
La plupart des organophosphorés pénètrent plus ou moins dans le tissu des plantes, étant semi systémiques, ou sont transportés par le système vasculaire de la plante : ils sont alors systémiques.
Ils se situent à l'opposé des organochlorés, avec une toxicité aiguë élevée mais une faible rémanence. Leur faible rémanence nécessite souvent la répétition des traitements pour assurer une longue protection. Ils pénètrent facilement dans l'organisme des insectes par leur liposolubilité élevée. Certains sont spécifiquement acaricides.
On distingue :
- Organophosphorés aliphatiques : acéphate, déméton, dichlorvos, dicrotophos, diméthoate, éthion, formothion, malathion, mévinphos, monocrotophos, naled, ométhoate, phorate, phosphamidon, trichlorfon. Ils sont généralement hautement toxiques et peu stables.
- Organophosphorés à cycle phényl : bromophos, chlorfenvinphos, fénitrothion, fenthion, fonofos, isofenphos, parathion, parathion éthyl, parathion méthyl, phosalone, profénofos, protiophos. Ils sont plus stables que le groupe précédent (meilleure rémanence).
- Organophosphorés à hétérocycle : chlorpyrifos, diazinon, étrimfos, isoxation, quinalphos, méthidation, phosmetDes produits issus de ces 3 groupes sont regroupés ci-dessous selon leur mode d'action :
- Produits de contact : bromophos, diazinon, fénitrothion, malathion, dichlorvos, fonofos, parathion, phosmet, profénofos, téméphos, hepténophos, mevinphos, trichlorfon, phosalone- Produits systémiques : diméthoate, formothion, isofenphos, triazophos, monocrotophos, ométhoate, phosphamidon, thiométon, vamidothion …

Oviducte : canal impair, par où passent les oeufs, débouchant à l'extrémité antérieure de l'utérus, se divisant en deux oviductes pairs aboutissant chacun à un des deux ovaires chez la femelle de glossine.

 

 
P

Pancardite infiltrative : inflammation globale du cœur (péricarde, myocarde et endocarde) avec infiltrat des tissus.

Pandémie : Une pandémie est une épidémie touchant une part exceptionnellement importante de la population et présente sur une large zone géographique. Les pandémies de trypanosomiase à Trypanosoma gambiense se sont étendues à tous les pays de l'Afrique centrale et de l'ouest et ont touché des centaines de milliers de personnes.

Paramères : voir forcipules inférieurs.

Parasite : le nom de parasite s'applique à un être vivant qui vit au dépend de son hôte chez qui il puise tout ce qui lui est nécessaire pour vivre et se multiplier sans lui apporter quelque chose d'utile en échange. Les trypanosomes sont des parasites.

Parasitémie : désigne la présence de parasites dans le sang de l'hôte.

Pare : se dit d'une femelle de glossine ayant déposé au moins une larve ; on distingue les jeunes pares (1, 2 ou 3 larves) et les vieilles pares (4 larves et plus).

Pathogène : se dit d'un organisme qui peut provoquer une maladie. Trypanosoma b. gambiense est pathogène pour l'homme et provoque la THA.

Pathognomonique : symptôme ou signe caractéristique d'une maladie et suffisant à lui seul pour en faire le diagnostic.

Pentamidine : médicament antiparasitaire de la famille des trypanicides. Formule Chimique : 4,4' (pentaméthyl-ènedioxy) dibenzamidine bis(2-hydroxyéthane-sulfonate)
- Activité antiparasitaire, antiprotozoaire : actif contre Trypanosoma gambiense, Trypanosoma rhodiense, Pneumocystis carinii, Blastomyces dermatidis, les leishmanies (Leishmania donovani, Leishmania tropica)è Activités secondaires : antifongique et antinéoplasique.Son mécanisme d'action est mal connu, probablement lié à une inhibition de la biosynthèse de macromolécules.

Péridomestique : relatif à l'environnement immédiat de l'habitat humain.

Phéromone : substance chimique odorante sécrétée par un insecte modifiant, à grande distance, le comportement des individus de la même espèce, généralement du sexe opposé.

Phototactisme : réaction des insectes à la lumière ; un phototactisme positif les incite à s'approcher de la source lumineuse ; un phototactisme négatif les incite à s'en éloigner.

Plaques génitales : plaques chitinisées à la partie inféro-ventrale de la femelle de glossine, entourant l'anus et l'orifice génital ; dans le sous-genre Nemorhina on distingue 2 plaques dorsales (PLV), 1 plaque médio-dorsale (PLMD), 2 plaques anales (PLA) et 1 plaque sternale (PLS) ; le sous-genre Austenina ne possède que 2 PLD, 2 PLA et 1 PLS ; chez le sous-genre Glossina les PLA sont soudées et les PLD sont absentes.

Plaquette ou thrombocyte : élément figuré du sang, formé dans la moelle osseuse, mais qui se fragmente immédiatement en petits éléments. Les thrombocytes ne sont donc en fait pas des cellules complètes mais uniquement de petits fragments dépourvus de noyau.
Leur durée de vie est d'environ 8 à 10 jours. Le lieu de dégradation des thrombocytes est la rate. Elles sont un des composants indispensables à l'hémostase primaire.

Polarisation cérébrale : c'est l'un des qualificatifs de la 2nde phase de la maladie du sommeil (" phase de polarisation cérébrale "). Il indique bien qu'en 2nde phase les trypanosomes provoquent des troubles neurologiques d'origine cérébrale.

Polynévritique (signe) : signe d'une polynévrite, c'est à dire d'une atteinte dégénérative de plusieurs nerfs périphériques qui se caractérise par des troubles sensitifs et un déficit moteur bilatéral et symétrique.

Pompe cibariale : partie antérieure du pharynx, réunie à des muscles puissants de l'intérieur de la tête de la glossine, qui sert à aspirer le sang lors du repas de sang.

Ponction ganglionnaire : test parasitologique consistant à prélever de la lymphe dans un ganglion lymphatique afin d'y rechercher la présence du parasite.

Ponction lombaire : test parasitologique consistant à prélever un peu de liquide céphalorachidien entre les vertèbres lombaires (L4-L5) afin d'y rechercher la présence du parasite.

Préférences trophiques : préférences alimentaires des glossines. Certaines glossines sont dites éclectiques lorsqu'elles se nourrissent indifféremment sur plusieurs espèces. D'autres sont dites opportuniste quand elles peuvent adapter leur régime alimentaire selon la disponibilité des hôtes.

Prévalence : en épidémiologie, la prévalence est une mesure de l'état de santé d'une population à un instant donné. Pour une affection donnée, elle est calculée en rapportant à la population totale, le nombre de cas de maladies présents à un moment donné dans une population (que le diagnostic ait été porté anciennement ou récemment). La prévalence est une proportion qui s'exprime généralement en pourcentage. Il ne faut pas confondre prévalence et incidence. En effet, l'incidence ne tient compte que des nouveaux cas par an, alors que la prévalence s'appuie sur le nombre total de cas présents, c'est-à-dire ceux déjà présents plus ceux incidents. Ainsi la prévalence est toujours supérieure à l'incidence.

Proboscis : pièces buccales de la glossine, horizontales au repos.

Procyclique : la forme procyclique du trypanosome correspond au premier stade de sa transformation chez la glossine : dans le tube digestif de l'insecte, il s'allonge et perd son manteau antigénique de surface (couche de glycoprotéines variable de surface située sur la partie externe de la membrane cellulaire du trypanosome et responsables de la variation antigénique).

Protéinorachie : est définie comme la concentration en protéines dans le liquide céphalo-rachidien. Elle ne doit pas être confondue avec l'albuminorachie qui est la concentration de la seule albumine. Sa valeur normale est de 0,20 à 0,40 g/l et l'on parle d'hyperprotéinorachie en présence d'une protéinorachie supérieure à 0,40 g/l.
Une hyperprotéinorachie s'observe dans tous les processus inflammatoires des méninges. Elle peut être associée à une réaction cellulaire, c'est-à-dire à une augmentation du nombre de leucocytes dans le LCR (pléiocytose), ou encore être isolée, comme dans la dissociation albumino-cytologique des blocages médullaires et du syndrome de Guillain-Barré.

Protidogramme : répartition, après fractionnement par électrophorèse, des différentes fractions des protéines du sérum et que l'on traduit généralement par une courbe.

Protozoaires : organismes unicellulaires qui forment un groupe paraphylétique, ils possèdent une cellule eucaryote (c'est-à-dire possédant un vrai noyau, contrairement aux bactéries, dites procaryotes), très différenciée qui remplit de nombreuses fonctions nécessaires à la vie et comportant des organites complexes : "vacuoles pulsatiles", "cils", "flagelles".
Les protozoaires se différencient fortement des cellules constituantes des tissus des métazoaires. Ils ont conquis et se sont adaptés à tous les milieux de vie, et certains sont des parasites qui peuvent être dangereux. Leur reproduction sexuée ou asexuée est très complexe. Le mode de nutrition des protozoaires se fait par ingestion (phagocytose ou cytopharynx). Les protozoaires sont hétérotrophes, c'est-à-dire qu'ils puisent leur source de carbone en provenance des différents composés organiques.

Proventricule : organe musculaire faisant office de sphincter, situé entre le jabot, l'oesophage et l'intestin moyen, sécrétant en continu la membrane péritrophique.

Ptilinum : sac frontal érectile des insectes diptères cycloraphes, à l'aide duquel ils font sauter le couvercle de leur enveloppe nymphale. C'est un organe évaginable présent sur la tête de certaines mouches (les Muscomorpha Schizophora, auxquelles appartient la mouche domestique).
Cette structure sert à l'imago pour sortir de sa pupe en la gonflant en utilisant l'hémolymphe plutôt que de l'air. Cela crée une pression le long de la ligne de faiblesse de la puparium, qui peut alors s'ouvrir. Une fois l'adulte sorti de sa pupe, le fluide est retiré, la ptiline se rétracte entièrement à l'intérieur de la tête.
Elle laisse une ligne en forme de U, la suture ptilinale, que l'on peut voir sous les antennes entre les yeux de l'adulte. C'est cette suture qui a donné le nom de "Schizophora" ("porteur de suture").

Pulvérisation aérienne : technique relativement récente. L'insecticide (surtout la dieldrine et l'endosulfan) est épandu par des pulvérisateurs spéciaux montés sur avion ou hélicoptère volant entre 1 et 3m de la cime des arbres. La pulvérisation est totale avec de grands risques pour la faune non cible, particulièrement la faune aquatique. Le coût de l'opération n'est pas forcément plus élevé que celui des pulvérisations au sol et le travail est très rapide. Mais ce genre de pulvérisations exige un matériel adapté et du personnel qualifié. Les opérations sont aussi tributaires des conditions climatiques : les inversions thermiques en empêchant le dépôt de l'insecticide limitent le traitement à quelques heures par jour, le matin et le soir. Les consommations d'insecticides en matière active par hectare sont évaluées à : 800-1000 g de dieldrine, 10-100 g d'endosulfan et 12,5 à 30 g de deltaméthrine.

Pulvérisation terrestre : l'insecticide est épandu à l'aide d'appareils portés à dos d'homme (pulvérisateurs à pression préalable ou à moteur) ou, dans certaines savanes, à l'aide de pulvérisateurs plus puissants montés sur camions. Cette technique permet de pratiquer des pulvérisations, discriminatives ou sélectives, en réduisant le risque de pollution. Elle nécessite cependant une main d'œuvre nombreuse et un appui logistique très lourd. On considère que pour un appareil il faut disposer de trois hommes : un porteur, un débroussailleur, un approvisionneur sans compter les chefs d'équipe et les chauffeurs. Le travail est généralement long mais au Nigeria des milliers de kilomètres carrés ont pu ainsi être libérés pour l'élevage. Les consommations en matière active par hectare, plus élevées qu'en pulvérisation aérienne, sont estimées à : 3000-9000 g de DDT, 2000-6000 de dieldrine et 12 à 60 g de deltaméthrine.

Pulvilli : pelotes charnues à l'extrémité du dernier article du tarse des pattes de l'insecte ; le passage des insecticides de contact dans le corps de l'insecte se fait par les pulvilli quand l'insecte est posé sur un support empoisonné.

Puparium : coque chitinisée mélanisée, dérivant du tégument de la larve de troisième stade, abritant la nymphe de glossine.

Pupe : stade immobile de la période pré-imagimale chez la glossine.

Pyréthrinoïdes de synthèse (insecticide) : insecticides dits " de troisième génération ", ils sont copiés sur les pyrèthres naturels, en cherchant à augmenter leur toxicité et leur photostabilité. Dotés d'une toxicité considérable et agissant par contact, ils tuent presque instantanément les insectes par effet choc neurotoxique, permettant de les utiliser à des doses très réduites (10 à 40 g de matière active par ha).
Comme les organochlorés, ils tuent l'insecte en bloquant le fonctionnement des canaux sodium indispensables à la transmission de l'influx nerveux.
Réputés peu toxiques pour l'homme, on leur attribue le coefficient de sécurité (rapport des toxicités pour les insectes et pour les mammifères) le plus élevé parmi les insecticides chimiques. Très biodégradables, ils ne persistent pas dans le milieu édaphique, mais ils sont très toxiques pour certains organismes aquatiques (poissons) ainsi que pour les auxiliaires de l'agriculture (dont les abeilles). Ils possèdent des propriétés diverses.
Une molécule donnée présente de nombreux isomères aux degrés d'activités variés. La synthèse industrielle cherche à ne produire que l'isomère le plus actif de la molécule.
Exemples : bifenthrine, bioresméthrine, deltaméthrine, dépalléthrine, éthofenprox, fenpropathrine, cyperméthrine, fenvalérate, esfenvalérate, cyfluthrine, alphamétrine, tralométhrine, fluvalinate, perméthrine, lambda-cyhalothrine, flucythrinate, téfluthrine, tralométhrine, zetacyperméthrine, bétacyfluthrine.

 

 

 
R

Relique folliculaire : résidu du tube folliculaire après descente de l'oeuf ; la présence ou l'absence de relique sur chaque tube folliculaire des quatre ovarioles permet de distinguer les classes d'âge physiologique.

Rémanence : persistance de l'effet toxique d'un insecticide. Si on pulvérise de l'insecticide, le dépôt de produit doit être efficace 1°) durant le temps que mettront à se développer, à l'intérieur du puparium, les larves déposées juste avant la pulvérisation (cette période peut durer jusqu'à 2 mois), 2°) suffisamment longtemps pour freiner la réinvasion de la zone par des glossines venues de l'extérieur et pour réduire le nombre de traitements. Les insectes sont visés au niveau de leurs lieux de repos, diurne ou nocturne. L'insecticide est déposé sous forme de grosses gouttelettes sur tout ou partie de la végétation. Ce genre de traitement est utilisé pour créer des barrières chimiques destinées à isoler une région. Inversement, dans le cas de pulvérisations non rémanentes, l'insecticide utilisé à petite dose, est nébulisé pour tuer les adultes présents dans le gîte sans effet rémanent supérieur à quelques jours, voire quelques heures. Economique en insecticide et en main d'œuvre, moins polluant qu'une pulvérisation rémanente, ce traitement exige un matériel spécialisé et plusieurs passages successifs espacés de 2 à 3 semaines pour atteindre les jeunes imagos issus de leur puparium entre deux traitements avant qu'ils n'aient pu mûrir une éventuelle infection trypanosomienne.

Rendement : rapport entre l'efficacité et l'attractivité d'un SAT.

Rénitente (tuméfaction) : masse élastique résistant à la pression du doigt.

Réponse humorale : réponse de l'organisme à une agression due à la présence d'antigènes. L'organisme produit des cellules immuno-compétentes (lymphocytes en particulier) et des anticorps qui vont attaquer les antigènes en utilisant la circulation sanguine et lymphatique. On parle alors d'anticorps circulants. On peut les mettre en évidence dans le sérum par des tests immunologiques (comme le CATT dans le cas de la THA). Cette immunité humorale est opposée à l'immunité tissulaire qui est une réponse localisée ou élective pour un organe ou pour un système tissulaire de l'organisme. Le chancre d'inoculation est la traduction clinique d'une défense tissulaire à la pénétration des trypanosomes.

Réponse immunologique : c'est la réponse, soit sa forme (tissulaire ou humorale), de l'organisme à une agression due à la présence d'antigènes. Elle met en jeu la production de tout ou partie des éléments intervenant dans la défense immunitaire.

Réservoir : tout vertébré ou invertébré chez lequel peut vivre et se reproduire un agent pathogène susceptible d'être transmis ensuite à un hôte par l'intermédiaire d'un vecteur.

Réticulo-endothéliose : atteinte du système réticulo-endothélial.

Rythme nycthéméral : Ce cycle correspond chez la plupart des espèces complexes à une période de veille et une période de sommeil correspondant respectivement à un jour et à une nuit pour les espèces diurnes, et à l'inverse pour les espèces strictement nocturnes. On parle pour les espèces vivantes de rythme nycthéméral et de cycle nycthéméral. Ces cycles sont régulés par les variations rythmiques et naturelles de luminosité (intensité, durée du jour), avec parfois une influence de la température.
Ces cycles ne doivent pas être confondus avec la notion de rythme circadien, qui n'est caractérisé que par sa durée (24 +/-2h).

 

 
S

S.A.T. : Système Attractif Toxique ; sigle désignant les pièges ou les écrans servant à la lutte contre les glossines. Ce sigle inclue aussi le traitement épicutané du bétail ave des insecticides.

Sac résiduel : poche translucide, contenant des déchets d'origine larvaire, située dans l'intestin moyen de la jeune glossine : la présence de ce sac est la preuve qu'elle est ténérale. Il disparaît dès la prise du premier repas de sang.

Sanguicole : se dit de tout organisme, de tout parasite, qui vit dans le sang.

Savanicole : se dit d'une espèce de glossines vivant dans les savanes.

Segments : Le corps des arthropodes est formé de segments (ou métamères) articulés, recouverts d'une cuticule rigide, qui constitue leur squelette externe, dans la plupart des cas constitué de chitine.

Sélectif : se dit d'un traitement insecticide ou d'un débroussaillement ne concernant qu'une seule catégorie de plantes dans la communauté végétale constituant le gîte de l'espèce de glossines.

Selvatique : le cycle selvatique passe par des animaux sauvages (le mot selvatique vient du mot latin "selva" qui veut dire "forêt") comme les antilopes. On l'oppose au cycle domestique qui, dans le cas de la trypanosomiase, se passe au village et fait intervenir le porc.

Sensibilité/spécificité : la sensibilité se définit comme la capacité à mettre en évidence un problème dans une population donnée. Lors d'un dépistage immunologique de la maladie du sommeil, le test à utiliser devra être choisi en fonction de sa sensibilité. Plus il est sensible, plus on aura l'assurance qu'il englobe, dans les positifs, le plus grand nombre de malades. Une grande sensibilité implique a priori un manque de spécificité, c'est à dire que, parmi les positifs, il y aura des malades, mais aussi des non-malades (faux positifs). Il faudra donc pratiquer sur l'ensemble des positifs (que l'on appelle les suspects immunologiques) un examen parasitologique permettant de déterminer qui est un vrai malade et qui est un faux positif. La spécificité se définit comme la capacité à éviter les faux positifs. Un test est d'autant plus spécifique que les positifs qu'il met en évidence sont de vrais malades (vrais positifs). Le risque d'un test trop spécifique est de manquer de sensibilité, c'est à dire qu'il va laisser passer des malades (faux négatifs). La sensibilité se calcule comme le rapport des vrais positifs sur la somme des vrais positifs + les faux négatifs.
Pour le dépistage de la THA, il faut un test très sensible, afin d'inclure tous les malades parmi les suspects, mais également suffisamment spécifique pour qu'il n'y ait pas trop de faux positifs et donc pas trop d'examens parasitologiques à faire. Le test diagnostic, lui, doit être très spécifique puisqu'il doit pouvoir permettre d'affirmer que la personne est malade. Mais il doit être égale ment suffisamment sensible pour éviter de rendre un résultat négatif alors que la personne est malade. L'examen spécifique par excellence est celui qui visualise le trypanosome. C'est le cas des techniques parasitologiques, particulièrement celles qui concentrent les parasites dans l'échantillon examiné. La spécificité se calcule comme le rapport des vrais négatifs sur la somme des faux positifs + les vrais négatifs.

Sérologie : étude des sérums et des variations ou modifications de leurs propriétés au cours des maladies. Depuis les progrès de la biologie, elle consiste surtout via ce qu'on appelle communément une analyse de sang, à mettre en évidence des indices de présence de pathogènes dans l'organisme, au moyens de différents tests. Elle permet une approche quantitative et qualitative, avec par exemple le dosage d'anticorps spécifiques. Elle est donc liée à l'étude des immunoglobulines du sérum sanguin ou d'autres liquides organiques. Elle est utilisée comme outil diagnostic, comme outil de dépistage (SIDA, Hépatite,…) et comme outil épidémiologique et de plus en plus éco-épidémiologique.
En raison de réactions croisées, et du développement à bas bruit de certains pathogènes ou du délai nécessaire à l'apparition détectable d'anticorps, ce n'est pas un outil de diagnostic fiable à 100 %.

Signe clinique : le signe clinique (ou signe médical) est l'interprétation objective de l'observation d'un sujet, par un "clinicien".

Signum : plaque chitinisée brune située antéro-dorsalement dans l'utérus de la femelle de glossine du sous-genre Austenina et servant en systématique.

Sous-espèce : groupement géographiquement défini de populations locales, différant taxonomiquement des autres subdivisions du même type faisant partie de l'espèce considérée.

Spermathèques : deux sphères brunâtres accolées servant au stockage des spermatozoïdes chez la femelle de glossine : elles sont reliées à la face antéro-dorsale

Spermatophore : capsule ou une masse créée par les mâles de nombreux animaux, invertébrés comme les arachnides ou les insectes, ou vertébrés comme les tritons, et qui contient des spermatozoïdes. Elle est entièrement transférée au pore génital femelle lors de l'accouplement.

Spiracles : orifice des troncs trachéens servant à la respiration et à la régulation des pertes en eau.

Suspect sérologique : personne pour laquelle on a observé une réaction positive à un test sérologique. Cette positivité n'est en aucun cas preuve de l'existence de la maladie, seulement une suspicion. Selon la sensibilité/spécificité du test : 1°) le pourcentage de suspects peut être plus ou moins important ; 2°) un certain nombre de malades peuvent être négatifs aux tests sérologiques (ils échappent au traitement et peuvent servir de réservoirs de parasites pour les vecteurs). Pour chaque suspect, il faut pratiquer un test parasitologique pour confirmer la présence du parasite.

Symbionte : organisme vivant dans un autre organisme en association à bénéfices réciproques (contrairement au parasite). Le tube digestif de la glossine se caractérise par la présence, dans la partie médiane de l'intestin moyen, du mycétome, amas de cellules géantes contenant des symbiontes bactéroïdes ou RLO's (Rickettsia-Like Organisms) : transmis de l'adulte à la larve par les glandes nourricières de la femelle, ces symbiontes ont un rôle mal connu, peut être la sécrétion de vitamines, mais capital pour la survie de l'insecte puisque l'absorption d'antibiotiques provoque sa mort. On sait seulement, depuis peu, qu'ils peuvent favoriser ou inhiber l'installation du trypanosome chez la glossine.

Symptôme : Un symptôme représente une des manifestations subjectives d'une maladie ou d'un processus pathologique, tel qu'exprimé par le patient. En général, pour une pathologie donnée, les symptômes sont multiples. Inversement, un même symptôme peut très souvent être attribué à différentes maladies: on ne peut donc conclure automatiquement d'un symptôme (par exemple, avoir mal à la gorge) à une maladie (par ex., la grippe); c'est commettre le sophisme de l'affirmation du conséquent.
Ils s'opposent aux signes cliniques, qui sont des manifestations objectives de la maladie, relevées par le médecin.
Les symptômes sont donc pour le patient les éléments d'alerte d'un processus pathologique en cours, motivant ainsi le recours à une consultation médicale permettant d'objectiver la plainte en retrouvant des signes, qui, rassemblés en syndrome puis en maladie, permettront de guider l'attitude thérapeutique.

Symbiose : Association biologique entre deux organismes d'espèces différentes ne pouvant vivre l'un sans l'autre, chacun d'entre eux tirant un bénéfice de cette association. Ou dit plus simplement : association étroite, à bénéfice réciproque, de deux organismes, ou encore : association d'espèces, indispensable à la survie de chacune; cohabitation de deux organismes vivant en interdépendance nutritionnelle.

Systématique : En sciences de la vie et en histoire naturelle, la systématique est la science qui a pour objet de dénombrer et de classer les taxons dans un certain ordre, basé sur des principes divers.

Synanthropique : se dit de tout organisme vivant dans l'environnement immédiat de l'homme.

Système immunitaire : le Système immunitaire d'un organisme est un ensemble coordonné d'éléments qui détermine si des molécules occupent ou non l'espace extracellulaire qui leur est dévolu. Il agit ainsi comme un mécanisme de défense qui discrimine le "soi " du "non-soi", et qui cherche à détruire les pathogènes, tels que les virus, les bactéries, les parasites, les cellules cancéreuses, certaines particules ou molécules " étrangères ".

Système moteur extrapyramidal : désigne les circuits nerveux responsables de la motricité involontaire, notamment réflexe, et du contrôle de la posture. A la différence du système moteur pyramidal, il ne s'agit pas d'une entité anatomique unitaire mais plutôt un ensemble fonctionnel de voies de transmission relativement lentes car l'information qui circule depuis le cerveau jusqu'à la moelle épinière passe par différents relais qui permettent une multitude de rétrocontrôles sur la commande motrice. On dit donc qu'il s'agit de voies polysynaptiques car elles mettent en jeu plusieurs neurones entre le cortex moteur et le muscle effecteur et donc plusieurs synapses.

Système réticulo-endothélial : ensemble de cellules diverses, toutes capables de phagocytose, dont les histiocytes, les macrophages, les cellules réticulaires (cellules des organes hématopoïétiques, précurseurs des cellules sanguines et des cellules conjonctives libres), les cellules endothéliales (en particulier du système lymphatique), les cellules gliales (du système nerveux central). On en trouve dans le sang, les ganglions lymphatiques, la moelle osseuse, la rate, le foie, les alvéoles pulmonaires, le système nerveux central, etc. Elles jouent, entre autre, un rôle dans la défense immunitaire (fabrication d'anticorps et élimination de corps étrangers) et la production de nouvelles cellules (surtout phagocytaires).

 

 
T

Tachycardie : accélération du rythme cardiaque à plus de 100 pulsations par minute.

Tampon PBS : Tampon (Buffer en anglais, d'où le " B " dans le sigle) composé de phosphate (Na2HPO4 et NaH2PO4) et de sel (NaCl). Ce tampon est un des plus couramment utilisé en biologie. Il sert de base à la composition du PSG (PBS + Glucose) utilisé dans les mini colonnes échangeuses d'anions qui servent au diagnostic de la THA.

Tarse : dernier segment de la patte de l'insecte composé de cinq articles, le dernier portant les griffes et les pulvilli ; dans le sous-genre Glossina seuls les deux derniers articles sont noirs contrairement aux deux autres sous-genres.

Taux de séroprévalence : on désigne sous ce terme le rapport (pourcentage) des personnes positives à un test immunologique pratiqué sur le sérum (partie "liquide" du sang, en opposition à la partie " figurée " constituée des différentes cellules du sang et des plaquettes) par rapport à la population dans laquelle elles vivent. Si le test immunologique est un test réalisé pour la THA et que dans un village de 1000 habitants on trouve 100 d'entre eux positifs au test, on dira que le taux de séroprévalence dans ce village est de 10% (100/1000). Le taux de séroprévalence donne une indication de la proportion des malades dans le village. Le nombre exact de malades ne pourra être déterminé que par les examens parasitologiques qui seuls peuvent mettre en évidence la présence du trypanosome chez un individu.

Taxonomie (ou taxinomie) : science qui a pour objet de décrire les organismes vivants et de les regrouper en entités appelées taxons afin de pouvoir les identifier puis les nommer, et enfin les classer. Elle complète la systématique qui est la science qui organise le classement des taxons et leurs relations. Parmi ces méthodes, les plus récentes incluent une nouvelle approche conceptuelle de la classification mais aussi des méthodes d'analyse d'éléments empiriques restés longtemps ignorés de la science avant l'arrivée, au cours de la seconde moitié du XXe siècle, des découvertes de la biologie moléculaire.

Teigne : maladie due à un champignon microscopique touchant le système pileux en général et plus particulièrement les cheveux. Elle se traduit par la présence de plaques sans cheveux. Ces plaques ont souvent un aspect blanchâtre et peuvent être surinfectées. L'une des conséquences des teignes est la présence d'adénopathies (voir ce mot) en rapport avec la mise en action des défenses immunitaires du malade. Il faut pouvoir distinguer ces adénopathies dues aux teignes de celles dues à la maladie du sommeil.

Ténérale : se dit d'une glossine nouvellement éclose tant qu'elle n'a pas pris son premier repas de sang. On la reconnaît à son aspect assez clair par rapport aux individus plus âgés et surtout à la mollesse de ses téguments (de l'enveloppe de son corps). Une technique consistant à appuyer la tête d'une épingle sur le thorax permet de distinguer grosso modo les glossines ténérales : le tégument s'enfonce et ne revient pas à sa place. En réalité cette technique est peu précise car il faut quelques jours à la glossine pour que ses téguments se rigidifient et pour consolider ses muscles thoraciques (qui commandent le vol) qui donne la fermeté du thorax. La seule façon d'être certain de l'état ténéral de la glossine est de pratiquer la dissection. Si la tsé-tsé ne s'est pas nourrie, il subsiste dans l'intestin un sac d'origine larvaire, brunâtre et en général bien visible. Ce sac sera poussé et évacué vers l'anus par la membrane péritrophique remplie du sang du premier repas. L'intérêt des glossines ténérale est double : - ce sont les seules glossines à pouvoir s'infecter lors de leur premier repas si elles piquent un individu porteur de trypanosomes de l'espèce Trypanosoma brucei ; leur densité est donc utilisée (entre autres facteurs) pour déterminer les zones à risque de transmission ; - leur densité est aussi utilisée pour évaluer le résultat d'une campagne de lutte : si la technique utilisée a été efficace, les captures faites dans les jours qui suivent donnent une majorité de ténérales, nouvellement sorties de leur puparium, donc qui n'ont pas encore été touchée par la méthode de lutte.

Test sérologique : test immunologique réalisé sur le sérum ou le plasma (partie liquide du sang (voir taux de séroprévalence) d'une personne afin de mettre en évidence la présence d'anticorps ou d'antigènes en rap port avec une pathologie déterminée. Dans le cas de la maladie du sommeil, le test le plus couramment utilisé est le CATT. Ce test sert à rechercher la présence d'anticorps chez la personne testée. Si le test est positif, cette personne sera considérée comme suspecte d'avoir la maladie du sommeil. Elle ne sera pas considérée comme malade. Pour cela il faudra mettre en évidence le trypanosome, ce que le CATT ne peut pas faire. On pratiquera donc, sur tous les suspects, des examens parasitologiques pour rechercher les trypanosomes au microscope.

Theca : voir labium.

Thérapeutique : partie de la médecine qui étudie et applique le traitement des maladies.

Thérapie : désigne un ensemble de mesures appliquées par un psychothérapeute à une personne souffrant d'un problème de santé ou d'une maladie, dans le but de l'aider à guérir, de minimiser ou de soulager ses symptômes, ou encore d'en prévenir l'apparition.

Tibia : quatrième segment de la patte de l'insecte.

Traitement épicutané (dipping, pour-on, spot-on) : s'applique exclusivement au bétail. Consiste à plonger un animal dans un bain d'insecticide, à pulvériser cet insecticide sur son corps ou encore à déposer le produit sous forme huileuse sur le haut de son dos. Les insecticides utilisés sont des pyréthrinoïdes (deltaméthrine, fluméthrine, alpha-cyperméthrine). Cette technique de lutte vient en complément de la lutte par piégeage mais nécessite une approche communautaire.

Transmission mécanique : les trypanosomes sont transmis par la glossine après avoir effectué un cycle de maturation, d'abord dans le tube digestif de la mouche, puis dans ses glandes salivaires. C'est ce qu'on appelle la transmission cyclique. Mais les trypanosomes peuvent aussi être transmis mécaniquement - sans cycle de maturation - avec ou sans intervention d'une glossine. Ce peut être, par exemple, à l'occasion d'une transfusion sanguine si le sang du donneur contient des trypanosomes. Ce peut être aussi par un insecte hématophage qui pique un malade puis aussitôt après un homme sain. Les trypanosomes restant dans, ou sur, ses pièces buccales pourront être inoculés à l'homme sain si le délai entre les deux repas est assez court pour que les parasite soient encore actif. C'est une des causes des transmissions de la mère à l'enfant. La mère, malade, piquée par un insecte (par exemple une glossine) va le chasser ; celui-ci peut alors piquer l'enfant qu'elle porte au dos et lui transmettre mécaniquement.

Transmission péridomestique : se dit de la transmission des trypanosomes se passant au niveau de la périphérie immédiate des agglomérations.

Trochanter : deuxième segment de la patte de l'insecte.

Trypanocide : se dit d'un produit qui tue les trypanosomes. Ce peut être un médicament, de l'alcool... Un médicament trypanocide ne doit pas être confondu avec un médicament trypanostatique qui empêche la multiplication des trypanosomes sans les détruire.

Trypanome (ou Trypanide) : chancre d'inoculation apparaissant lors d'une infection par le trypanosome.

Trypomastigote : forme “sanguicole” du trypanosome chez le vertébré. Le flagelle gagne l’avant du corps où il peut, soit s’arrêter (trypomastigote métacyclique ou "stumpy") soit se prolonger sous forme de flagelle libre (trypomastigote en division ou "slender"). Ces formes se déplacent librement dans le sang et les liquides tissulaires. Seules les "slender" se multiplient et se reproduisent en 6 heures par divisions binaires et longitudinales. Seules les formes trapues, "stumpy" ou métacycliques, se développent chez l’insecte.

Tube capillaire : tube très fin. On parle de tube capillaire lorsqu'un liquide monte à l'intérieur par le phénomène de capillarité.

Tubes de Malpighi : organes d'excrétion de la glossine se présentant sous la forme de quatre longs tubes blanchâtres réunis par paire et débouchant entre l'intestin moyen et l'intestin postérieur.

 

 
U

Ultra Low Volume (U.L.V.) : La technique ULV consiste à nébuliser l'insecticide (surtout l'endosulfan) par un atomiseur monté sur avion ou hélicoptère volant entre 10 et 15 m au dessus de la cime des arbres et perpendiculairement au vent dominant. Les gouttelettes émises (20 à 40 microns) forment un brouillard qui, sous l'effet de la vitesse de l'aéronef, et plus particulièrement sous celui des pales de l'hélicoptère, englobe toute la végétation. Les avantages et les inconvénients de cette technique sont les mêmes que ceux des pulvérisations rémanentes aériennes, mais la consommation en insecticide est moins importante (bien qu'il faille plusieurs passages successifs). Il faut entre 6 et 20 g de matière active d'endosulfan par hectare contre 1000g en pulvérisation normale.

 

V

Vecteur : Un insecte vecteur est un insecte dont le cycle de vie coïncide avec celui d'un parasite pathogène, afin de permettre à ce dernier d'être transmis à l'homme. Souvent il s'agit d'insectes hématophages, qui transmettent l'agent pathogène lorsqu'ils viennent se nourrir de sang. On appelle arbovirus (pour arthropod-borne virus) un groupe des virus ayant pour vecteur les arthropodes suceurs de sang : moustiques, tiques, phlébotomes.