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Eugène Jamot (1879-1939)
 

14 novembre 1879 - Naissance de Léon, Clovis, Eugène Jamot au hameau de La Borie dans la commune de Saint-Sulpices-lès-Champs.
Juillet 1900 - Licencié ès-Sciences Naturelles à la faculté des Sciences de Poitiers et lauréat de cette faculté.
1900-1905 - Instituteur à Ben-Aknoun (Algérie) puis répétiteur au Lycée d'Alger.
Octobre 1902 - Inscription à la faculté de Médecine d'Alger.
Octobre 1905 - Inscription à la Faculté de Médecine de Montpellier et Professeur Adjoint au Lycée de cette ville.
1906 - Externe des Hôpitaux de Montpellier.
16 juin 1908 - Thèse de Doctorat en Médecine (Montpellier) : "Contribution à l'étude de la méthode de Bier".
1908-1910 - Médecin de campagne à Sardent (Creuse).
1910 - Se présente et réussit au "concours latéral" du Corps de Santé des Troupes Coloniales. Nommé Aide Major de deuxième classe (médecin sous-lieutenant) le 15 janvier 1910. Il a 31 ans. Suit le stage de spécialisation à l'Ecole d'Application du Service de Santé des Troupes Coloniales, dite du "Pharo". C'est la troisième promotion de cette école. Elle est baptisée "l'Africaine"

25 décembre 1910 au 8 juin 1913 - Promu Aide Major de première classe (médecin lieutenant), il est désigné pour le Tchad (Bataillon du Ouaddaï) et participe aux opérations de pacification. Une citation à l'ordre du bataillon.
8 juin 1913 au 13 juillet 1914 - Congé de fin de campagne, affectation au 5e Régiment d'Infanterie coloniale à Cherbourg, puis stage à l'Institut Pasteur de Paris. Fréquente le laboratoire de Mesnil auprès duquel il découvre la Maladie du Sommeil et se prend de passion pour elle. Dans cette logique il est nommé sous-Directeur de l'Institut Pasteur de Brazzaville. Il n'occupera son poste que quinze jours.
1er août 1914 à fin 1916 - Car la guerre éclate. Jamot, mobilisé sur place, est nommé Médecin chef de la colonne franco-belge dite "Sangha-Cameroun" (Colonel Hutin), qui chasse les Allemands de Yaoundé le 4 janvier 1917. Deux citations à l'ordre de l'Armée.
A partir de maintenant Jamot ne servira plus, comme nombre de ses camarades, qu'en position "hors cadre", détaché par le Ministère de la Guerre auprès du Ministère des Colonies et employé à des tâches purement civiles.
Fin 1916 - Jamot commence son œuvre de lutte contre la Maladie du Sommeil. Il est nommé Directeur de L'Institut Pasteur de Brazzaville. Il présente un rapport spécial sur la Maladie du Sommeil au Conseil d'Hygiène de l'AEF, le 29 novembre 1916.
12 avril 1917 - Arrêté du Gouverneur général de l'AEF chargeant Jamot d'organiser en Oubangui-Chari un service spécialisé dirigé contre la Maladie du Sommeil.
Août 1917 à mai 1919 - Campagne antisommeilleuse limitée à l'Oubangui-Chari (environ 100.000 habitants sur 100.000 km2 - 5347 trypanosomés sur les 89.743 personnes examinées).
1918 - Promu Médecin Major de 2e classe (Médecin Capitaine).
1919 - Chevalier de la Légion d'Honneur.
1920-1921 - Jamot met au point et codifie la méthode de lutte contre la Maladie du Sommeil qui porte son nom.
Mars 1922 - Il est affecté au Cameroun.
1922-1923 - Il applique sa méthode au foyer du Haut-Nyong (Akonolinga, Abon M'bang, Doumé). Il trouve 33.537 trypanosomés, soit 29,7% de la population.
Septembre 1923 à février 1925 - Il prospecte le nord du Cameroun, entre Logone et Chari (214 villages contaminés, 29.366 habitants visités, 1.948 malades dépistés et traités).
5 mars 1925 - Promu Médecin Major de 1ère classe (Médecin Commandant).
1925-1926 - Il fait une opération identique au Sud-Cameroun qui montre que le péril est encore plus grave qu'au Nord. Sur 663.971 personnes examinées, soit 80% de la population en danger, 115.354 (soit 17%) seront reconnues trypanosomées et traitées sur place dans les cinq années à venir.
29 avril 1926 - Présentation par Jamot, au Ministre des Colonies, du rapport et des conclusions de la Commission de la Maladie du Sommeil au Cameroun. Séance dramatique qui se termine à l'avantage de Jamot.
8 avril 1926 - La mission permanente de la Prophylaxie de la Maladie du Sommeil est instituée par décret ministériel. Jamot en est le directeur.
Décembre 1926 - Officier de la Légion d'Honneur.
1926-1931 - Mise en place de la mission et prospection systématique du pays divisé en 28 secteurs spéciaux et annexes. En cinq ans de travail acharné, la Maladie du Sommeil est vaincue au Cameroun. Elle n'est plus désormais un fléau. Mais on ne doit pas arrêter l'effort. Et pour cela il faut des moyens financiers, du personnel en suffisance et l'autonomie administrative.
25 juin 1930 - Promu Médecin Lieutenant-colonel.
1931 - C'est l'année de l'exposition coloniale de Vincennes. Jours de gloire et de bataille pour Jamot. Consacré par la presse et par l'opinion publique "Le vainqueur de la Maladie du Sommeil", comblé de distinction et d'honneurs, il met sa renommée au service de son œuvre et s'adresse directement aux décideurs pour renforcer la Mission permanente. C'est aussi l'épilogue du drame de Bafia. Un collaborateur de Jamot avait en 1928 prescrit, contrairement à ses directives et sans l'en informer, des doses excessives de tryparsamide entraînant des troubles oculaires sérieux chez 700 malades. Jamot refuse d'accabler son jeune confrère et ne se rend pas au Conseil d'enquête qui devait juger de cette affaire grave.
22 novembre 1931 - Jamot, sur le chemin du retour au Cameroun, est débarqué à Dakar et se voit notifier un blâme officiel et l'annulation de sa mission. Suivent sept mois de solitude et de désespoir.
Juin-juillet 1932 - Jamot est chargé d'établir le bilan de la Maladie du Sommeil en AOF. Il n'a ni les moyens, ni le personnel, ni l'autonomie administrative qu'il avait au Cameroun. Il se met néanmoins à l'œuvre et crée à Ouagadougou une école d'infirmiers spécialisés.
Juillet 1932 à novembre 1934 - Seul ou assisté de quelques jeunes médecins fraîchement issus du Pharo, il parcourt toute l'Afrique occidentale et enregistre en trente mois difficiles, près de 68.000 trypanosomés dans une contrée où l'existence de la trypanosomiase était contestée. Sa belle santé décline.
19 novembre 1934 - Une "Conférence sanitaire" réunie à Bobo-Dioulasso conteste les méthodes de Jamot et écarte toutes ses propositions concernant la lutte contre la maladie du Sommeil en AOF.
25 décembre 1934 - Promu Médecin Colonel des Troupes Coloniales.
26 janvier 1935 - Il résume dans son rapport final (écrit à Thiès, Sénégal) l'état de ses découvertes et surtout il préconise les mesures exceptionnelles qui sont à ses yeux les seules capables d'arrêter la marche du fléau. C'est son testament scientifique.
11 avril 1935 - Jamot rentre en France.
7 novembre 1935 - L'Académie des Sciences coloniales préconise la création d'urgence d'un service spécialisé de la Maladie du Sommeil en AOF.
1er février 1936 - Jamot prend sa retraite.
1936-1937 - Il redevient médecin de campagne à Sardent.
24 avril 1937 - Mort de Jamot à Sardent.
20 janvier 1939 - Georges Mandel, Ministre des Colonies, signe le décret portant création du "Service Général Autonome de la Maladie du Sommeil en AOF et au Togo".